Le Népal ! Pour cette dernière étape de notre grand voyage itinérant, nous passons par l’agence de Nima Sherpa (merci Jean-Lou pour le tuyau !), originaire de la région de Solukhumbu, sur les contreforts sud du mont Everest.
On apprécie ce confort : la logistique s’en trouve simplifiée (pas de courses et de repas à gérer !!), Shiiring notre guide est adorable, il nous affranchit en partie de la barrière de la langue, il parle français et il nous apprend plein de choses sur sa région, deux porteurs (sherpas) nous accompagnent et emmènent ce qu’il nous faut pour ces trois semaines de découvertes (confort appréciable quand on repense à notre randonnée (néanmoins superbe !) de 10 jours en Laponie où on était chargés comme des mules, plus qu’eux !). Nous ne complexons donc pas trop !

Le Népal est constitué de nombreuses ethnies différentes. Nous irons randonner à la découverte du pays Sherpa, ethnie qui a donné le nom de manière générale aux porteurs des expéditions himalayennes (sachant que d’autres ethnies népalaises exercent également ce rôle de porteur, dans un pays de montagne où tout se transporte à dos d’hommes -bien que des pistes, jeeps et camions voient le jour un peu partout à présent). Dès notre arrivée à Katmandou nous sommes dépaysés, les vélos arrivent sans encombre mais le chao qui règne à la sortie de l’aéroport nous met tout de suite dans le bain, bienvenus en Asie. Heureusement, Shiiring nous attend comme prévu avec un van dans lequel on rentre tous nos bagages avant de prendre la direction du centre de Katmandou.

La circulation est dense et épique, à coup de klaxon et de coups de volants à droite à gauche ; nous nous imaginons mal à vélo dans ce chaos. Le sur-lendemain départ à 3h30 du matin car une grève générale a été décrétée et les rues de Katmandou seront impraticables en voiture. Une voiture doit nous amener aujourd’hui sur les contreforts de la chaîne de l’Himalaya dans la région du Lower Solukhumbu. Après 280km et 11h de voiture (! ça donne une idée du relief et de l’état de res routes), nous arrivons au village de Garma, village en partie détruit par le tremblement de terre de 2015. Nous avons décidé de partir dans ces contrées touchées par le tremblement de terre et que les touristes désertent sous les conseils de Jean-Lou qui connaît bien la région. Nous sommes guidés et pris en charge mais dormons chez l’habitant et mangeons avec eux. Une expérience qui nous semble intéressante et juste, dans ce pays où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Ça veut dire un confort très relatif mais une découverte en profondeur du pays et de ses habitants.

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le dalbath : patates, riz, soupe de lentille
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Atelier épluchage/découpage de patates

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jus de fruit, le luxe !
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Siloé et Elio aux crêpes !

Cette expérience est riche et belle, tout le monde est ravi sauf parfois Mia qui a du mal à comprendre qu’ici on mange ce qu’il y a (en Bolivie, pays tout aussi pauvre en variétés alimentaires, nous faisions notre popote alors nous trouvions toujours quelque chose pour satisfaire Mia).

Après 4 jours de trek, nous avons tissé des liens avec Shiiring bien sûr mais aussi avec les 2 porteurs, Kerpa et Sarki. Les vallées se succèdent et nous passons chaque jour d’une ethnie à une autre, chacune avec sa particularité. Nous tâchons de comprendre les différences entre ces ethnies, au delà de la langue, mais ça n’est pas toujours facile. Les vallées sont belles et tout en culture, malheureusement le temps est couvert et la chaîne de l’Himalaya ne s’est pas encore offerte à nos yeux.

Voilà maintenant 10 jours que nous sommes au Népal, le dépaysement est total. Nous marchons depuis 7 jours dans les montagnes de la région de lower Solukhumbu, près de la frontière du Tibet, et nous avons reculé de 100 ans. Des villages parsèment la montagne parfois à plusieurs heures de marche de la première piste carrossable. L’eau arrive toujours dérivée des rivières mais aucune maison n’a de confort ne serait ce qu’un lavabo ou un lit douillet. L’électricité est aléatoire. Nous dormons au mieux sur des lits de paille, au pire sur des planches de bois avec un petit tapis par dessus. Mais ce mode de vie nomade, même si il est parfois dur, est la meilleure façon de comprendre le Népal.

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Elio et ses tours de magie

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Salle de classe improvisée devant le monastère de Chiwong
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Foot : France – Népal, mémorable !
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Soirée musicale à 3650m
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Siloé et ses bracelets en macramé
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La team Légos

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Partie de Kerambort

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On inverse les rôles : nous ramassons l’orge sous l’oeil amusé (et son téléphone pour la photo) du papa de Sheering

Les népalais sont un peuple malgré tout joyeux et souriant. Ils mangent principalement du riz avec un soupe de lentilles (Dalbath) et des pommes de terre, agrémenté de beaucoup beaucoup de thé. Le thé tibétain (le plus apprécié dans le nord du Népal) est servi salé et avec du lait. Nous le préférons sucré, mais apprécions beaucoup les nombreux thés quotidiens qui réchauffent et qui nous permettent une pause pendant la randonnée. Même Mia s’est mise au thé, en partie pour avoir le droit de prendre du sucre mais aussi pour la chaleur qu’il apporte. Mia est la mascotte de notre équipe. Partout où nous allons, nous arrêtons, elle suscite l’admiration et les gens redoublent de gentillesse. Shiiring, Kerpa et Sarki sont aussi à ses petits soins.

Chaque jour nous marchons jusqu’au prochain logement pendant 4 à 5 h incluant de nombreuses pauses thé, entre vallées et crêtes, ça monte et ça descend. En général nous arrivons en fin de matinée début d’après-midi. Mais, comme l’a écrit Éric, c’est une bonne formule car Nils et Mia adorent jouer et l’après-midi Lego/ lecture/ dessins est sacrée. Nous en profitons pour aller visiter avec Shiiring les temples, écoles et hôpitaux. Les temples sont partout, au détour d’un chemin, à un col, à l’intérieur même des maison les plus démunies. Le bouddhisme est ici (dans les régions nord du Népal) universel alors que le Sud du pays est hindouiste. Mais au Solukhombu Bouddha est sacré, il est partout, chaque grande famille (4 enfants et plus) offre un enfant à Bouddha, en l’envoyant à ses huit ans, comme moine au temple le plus proche, et chaque maison possède son petit temple où ils font brûler l’encens et remplissent chaque coupelle d’eau matin et soir, pour purifier l’air et bénir la maison.

Les écoles sont aussi assez fréquentes mais restent très spartiates. La plupart d’entre elles sont soutenues par des associations étrangères sans lesquelles elle n’auraient pu voir le jour. Certaines écoles n’ont pas de tables et de chaises, les enfants apprennent les fesses par terre (dans le froid) et sans aucun manuel. Les hôpitaux ne sont guère mieux lotis, la poussière est omniprésente, même dans la salle des accouchements. Pas étonnant qu’une femme risque sa vie en donnant la vie et que la mortalité infantile reste élevée. Malgré tout, le personnel soignant est là, toujours prêt à faire l’impossible, souriant et disponible, faisant de leur mieux pour assister, calmer et soigner.

Nous marchons chaque jour entre forêts de pins et de rhododendrons géants ou bien au milieu des cultures en terrasses.

Le bord du chemin regorge de fraises des bois pour la plus grande joie de tous mais surtout de Mia. En effet, les fruits, généralement si présents dans notre alimentation se font rares pour ne pas dire inexistants, dur dur.

Par dessus tout, les drapeaux de prière (bleu pour le ciel, blanc pour l’eau, rouge pour le feu, jaune pour l’air et vert pour la terre) accompagnent notre chemin ainsi que de vieilles “stupa” Bouddhistes (monument religieux en pierre qui contient souvent des reliques) et des murs de pierre “mani” délicatement gravées. Les murs mani sont des petits murets de pierres plates gravées de caractères sanscrits qui formulent l’invocation des bouddhistes Tibétains: om mani padme hum. Nous nous devons de les contourner par la gauche pour respecter le protocole bouddhiste.

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14 au 17 mai 2018, Pickey Peak

Nous approchons des 4000 m d’altitude, le froid se fait plus piquant et les habitations plus rudimentaires mais le paysage est incroyablement beau, avec des rhododendrons géants en fleur, magnifiques. Malgré le brouillard omniprésent depuis 2 jours nous longeons une crête qui à chaque petite éclaircie laisse entrevoir un décor époustouflant. La brume joue au yoyo et nous attendons avec impatience la levée de brouillard pour apercevoir la chaîne de l’Himalaya qui nous entoure. Le refuge de Pickey Peak situé à 3650 m d’altitude est notre camp de base pour attendre l’éclaircie tant attendue. Le sommet à 4070 m est LE point de vue pour admirer toute la chaîne. Depuis deux jours que le temps est à la pluie, la neige a recouvert le sommet, nous avons froid aux pieds car nous ne sommes pas équipés pour la neige mais nous savourons le décor avec enthousiasme. Et puis en marchant les pieds se réchauffent. Même Mia garde le sourire et aime la montagne quand le soleil nous accompagne. Il faut dire que nous avons une équipe de choc. Shiiring, le guide, et Sarki et Kerpa, les deux porteurs qui nous accompagnent sont vraiment adorables et à nos petits soins. Ils font tout leur possible pour que nous nous sentions bien, avec une attention toute particulière pour Mia. Ils ont l’art d’anticiper nos envies et de prévenir nos besoins: un thé chaud, des petits gâteaux, une pause… Nous sommes chouchoutés.

Le 16/05, voilà 2 jours que nous sommes au refuge du Pickey Peak et nous espérons une éclaircie pour aller au sommet à 4000 m et profiter de la vue imprenable sur la chaîne de l’Everest. Le brouillard est présent depuis 2 jours et le froid s’est installé, nous avons superposé toutes nos couches de vêtements, alors on espère que ça va enfin se lever. On prévoit de se lever très tôt (vers 4h du mat) pour atteindre le sommet au lever du jour et profiter de la vue. Mais à 4h tout est encore bouché, déception ! Et soudain vers 5h la brume se dissipe et laisse place à un soleil généreux. Nous nous habillons en hâte et après avoir bu le thé et mangé la soupe de nouilles nous partons vers le sommet.

A 7h nous sommes en haut et nous restons ébahis devant le panorama. La chaîne s’offre à nous entièrement avec les sommets à 6000 en premier plan puis les 7000 et enfin les 8000. Comme il a plu ces derniers jours les sommets sont immaculés. C’est superbe. Nous passons bien 1 h au sommet et participons au rituel tibétain en allumant de l’encens pour purifier l’air et en jetant du riz comme offrande à la montagne. Les drapeaux tibétains flottent comme à chaque sommet et nous attachons une nouvelle écharpe de soie pour marquer notre passage.

Quand nous commençons à redescendre sur l’autre versant de la montagne le sommet se couvre et une heure plus tard nous nous retrouvons dans le brouillard. Quelle chance nous avons eu !!!! Nous marcherons encore 4 bonnes heures pour atteindre le village de Junbesi après 1500 m de descente. L’air est chaud, le climat est plus clément et la route passe par le village de Junbesi, sur la route du camp de base de l’Everest. Retour à une certaine civilisation qui contraste avec la rude vie de la montagne.

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Photo du sommet entre sherpas
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et entre petits nomades
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La tête dans les nuages
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Bataille de boules de neige


Une journée type dans notre balade népalaise (voir aussi les films d’Élio et Siloé)

Nous nous levons à 6h30 (il fait jour depuis une heure déjà, et tout le monde s’active). Nous rangeons les sacs de couchage et nos affaires. Petit déjeuner avec Shiiring, Sarki et Kerpa. Puis vers 7.30 / 8h nous commençons la randonnée du jour.
Nous sommes dans des montagnes largement cultivées et habitées (tout est relatif), entre 1500m dans les vallées et 3000m, et nous nous arrêtons régulièrement prendre un thé. Au plus haut, nous serons à 4065m d’altitude, au dessus de la limite de forêts et de cultures, et nous passerons les nuits en « lodge » (sorte de refuge d’altitude). Mia, la plus petite du groupe, est celle qui a besoin d’être stimulée, mais Nils est inlassable et lui raconte les histoires de Harry Potter, ça la distrait et elle ne voit pas passer les dénivelées ! Parfois on la prend un petit moment sur les épaules et ça repart.
Entre 12 et 13h, nous sommes arrivés et posons les sacs pour nous mettre à table. Le repas est toujours le même : dalbath (riz, soupe de lentille, patates).
Nous avons alors l’après midi libre. Que fait-on quand on est en rando (donc poids et volume limités) et qu’en plus nous sommes assistés ! Pas de repas à préparer, de tente à monter, ouaouhhh ! C’est l’occasion de faire des jeux (Nils et Mia jouent aux légos comme jamais, avec leur petit kit de survie !), jeu de cartes ou tarot, Kerambort que l’on trouve parfois chez l’habitant (jeu local, équivalent du billard, avec des pions à rentrer dans des trous…), et nous n’avons rarement autant lu (des livres sur le Népal et Tibet, et autres livres numériques). Nous passons également beaucoup de temps à dessiner. On fait des batailles navales ou des solides (cube, pyramide – Un peu de géométrie!) à décorer pour le décor de lego. Aussi, nous avons emporté quelques pages de manuels scolaires, pour boucler le programme, en ce dernier trimestre ! Nous allons à la cascade voisine, ou faisons un petit tour dans le village, à la découverte de son temple ou de son école. Parfois, cela donne lieu à une super partie de foot avec Shiiring, Sarki et Kerpa, ou avec des enfants du village.
Quand la communication est difficile, certains jeux sont de formidables atouts pour créer le lien et faire tomber la barrière de la langue : Elio fait des tours de magie avec ses cartes, Siloé fait des macramés avec des enfants du village et en offre autour d’elle, et leur ballon de foot -accroché au porte bagage ou au sac à dos, il voyage avec nous depuis l’Equateur !- c’est un formidable atout pour partager de chouettes moments et de bonnes rigolades !
À partir de 18-18.30, nous prenons le dîner pour nous coucher vers 20h (il fait nuit depuis une heure). Subaratri !

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Nous arrivons chez Sheering

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Stupa