06/04-12/04

Nous quittons Wellington sous le soleil. Mais il est tard quand nous prenons enfin la route. Il a fallu récupérer le vélo d’Elio qui après 4500 km avait besoin d’une nouvelle chaîne et cassette, puis faire les derniers achats (cartouches de gaz etc) nécessaires à notre vie de nomade.

Nous longeons la mer de Tasmanie, l’ambiance est à la détente. Les gens sont dehors et profitent de l’été qui se prolonge. Puis il faut prendre la voie rapide qui sort de la ville, moins drôle! Surtout que ça monte, alors nous visons le premier camping à la sortie. Nous sommes coincés entre le parking des camping-car et les bâtiments du motel mais la pelouse est pour nous. Le lendemain nous partons vers le nord, nous longeons la mer et la route est sympa même si un léger vent de face nous ralentit. La mer de Tasmanie est déchaînée mais belle. Nous pique niquerons à ses côtés avant de prendre la route du parc Queen Elisabeth. A la sortie du parc national Queen Elisabeth (interdit de camper…), nous cherchons comme chaque soir un endroit où poser la tente. Et, sorti du même chemin que nous, nous rencontrons Marc qui nous amène au community garden voisin où nous pourrons poser nos tentes sans problème. Il nous offrira de l’eau et nous répète que nous sommes les bienvenus chez lui si nous avons besoin de quoi que ce soit. 

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Le lac Taupo (notez le fanion de la carriole, vent dans le dos…!!)

Le lendemain nous repartons avec un bon vent de face, direction Foxton. Nous logerons dans le jardin d’une ferme et repartons de bonne heure car 95 km nous attendent pour rejoindre Whanganui.

Bien contents d’avoir forcé l’allure et atteint Whanganui, les enfants roulent comme des chefs, 95 km, avec du vent de face et des petites côtes pas commodes. Mais finalement nous passerons 4 nuits à l’auberge, le temps de laisser passer une belle dépression ! Vents violents, pluie diluvienne et froid, on est bien au chaud, à faire du travail scolaire !

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Quel bonheur quand on trouve de petites routes secondaires…
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Heureuses de retrouver les vélos, le long de la mer de Tasmanie

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De nombreux passages et passerelles ne sont pas adaptés aux convois tandem-carriole…
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Sonny, Maori rigolo, nous initie au haka et au lexique de base maori
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Siloé en plein brevet blanc de math ! Résultat très satisfaisant !

Puis nous repartons, c’est qu’on a un avion à prendre à Auckland ! Nous empruntons la paisible et belle river road, qui longe la rivière Whanganui (à défaut de pouvoir la descendre en canoë, vues les conditions…).

Ça pédale bien, les mois de vélo dans les Andes portent leurs fruits ! Mia est enthousiaste, son nouveau jeu est de faire fuire les nombreux moutons avec sa petite sonnette ! Nils a gagné en puissance quand il le faut, il parle toujours autant (de ses lectures) et quand on ne l’entend plus, c’est qu’il imagine le tome 5 d’Eragon, sa dernière lecture. Siloe et Elio divertissent volontiers Mia par des jeux ou des histoires (quand le trafic le permet), ils ont une pêche incroyable, on est désolés parfois de sentir qu’on les ralentit !

Dans les gros villages ou villes, un arrêt dans une aire de jeux est toujours bienvenue, on ne veut pas avoir les services sociaux sur le dos ! Mia ne se plaint jamais, mais à 6 ans, elle est bel et bien dans l’âge du jeu.

À ce sujet, une petite plaisanterie… Souvent les gens nous interpellent et demandent d’où on vient comme ça. On raconte brièvement notre année de périple…

« C’est admirable, impressionnant ! Quelle chance vous avez, les enfants, d’avoir des parents qui vous font vivre une telle aventure ! »

Alors quand on est sous la pluie, dans de belles côtes (la NZ n’est pas plate…) et que le poids des sacoches semble augmenter au fur et à mesure que la fatigue s’installe après des dizaines de Km dans les jambes, on se tourne vers nos enfants : « ah, quand même, quelle chance vous avez d’avoir des parents pareils ! »

Nous passons une nuit à… Jérusalem ! Bien plus paisible et petite que celle du proche orient (une pensée pour Orli !), mais drôle de coïncidence, nous sommes accueillis par une nonne maorie qui nous invite à partager l’ancien couvent / orphelinat fondé par Suzanne Aubert, une missionaire lyonnaise ! Allez voir l’exposé de Siloé et Elio sur l’origine de cette sœur et de ce bâtiment.

On nous y fait une petite place car il y a déjà un groupe de profs catholiques neo zélandais en retraite (dans un pays à majorité protestante) ; nous savourons la chaleur de la cheminée et des occupants du bâtiment qui nous offrent le contenu de leur frigo !

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20 ans après le Proche-Orient, l’autre Jérusalem !
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partie de légos bien au chaud au coin de la cheminée, pendant qu’il pleut dehors !
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l’église de Jérusalem (de NZ!)

Le temps est plutôt maussade, mais on échappe à la pluie pendant les heures de vélo. Nous arrivons entre 600 et 800m d’altitude, il fait frais. Malheureusement nous ne verrons pas les volcans autour de Tongariro, cachés dans les nuages (décidément, comme en Equateur !). Mais la route est belle, après les montées, nous avons droit à une belle descente sur le lac Taupo, une immense lac de cratère. Là, un peu après la petite ville de Turangi (arrêt courses et aire de jeux!), nous avons rendez vous chez Kerry. On ne se connaît pas mais nous avons eu ses coordonnées par le réseau Warmshower. Cyclotouriste lui aussi (il était sur la Carretera Austral l’année dernière), il nous héberge pour la nuit. La maison est pour nous ! Il nous a indiqué où se trouvaient les clés, comme il rentre tard du travail ! Marion nous concocte un délicieux repas thaï, pour célébrer les… 5000 km !

Merci Kerry pour cette confiance ! Surtout que le lendemain matin il tombe des cordes, on est bien contents d’être à l’abri et au chaud !

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Puis nous continuons le long du lac vers la ville de Taupo. Après la côte, la rivière Whanganui, les volcans (qui ont servi de décor pour le film Le seigneur des anneaux, mais qu’on n’a pas vus…), nous arrivons dans une zone d’activité volcanique (geysers, sources d’eaux chaudes, boues sulfureuses…).

Après une nuit de camping, nous allons aux chutes de Huka, impressionnantes. Un déversoir du lac, dans un goulet, 200 000 litres d’eau bleue cristalline par seconde. Puis la tentation est grande de continuer par le sentier qui longe la rivière… Épique ! Mais beau ! On mettra bien 3h, pauses comprises, pour 9km ! Ben disons que faire du VTT avec notre barda, ce n’est pas ce qu’il y a de plus adapté… Siloé et Elio filent devant, ils s’éclatent ! Nils et Mia partent en courant quand le sentier est trop technique, nous aident et poussent le tandem et le FollowMe dans les petits raidillons, le chariot, dans un dévers, s’est retourné et vidé d’une partie de son contenu dans le bush… Bref, on n’a pas beaucoup avancé, mais c’était superbe et on a bien rigolé !

Avec tout ça, on pédale encore un peu et il nous faut trouver un endroit pour la nuit (le soleil se couche à 18h), d’autant plus que des nuages menacent. Première tentative : de gros chiens en cage aboient à notre arrivée, les abords négligés n’inspirent rien de bon, on passe. Deuxième tentative : une belle demeure au bout d’un long chemin, mais un large portail… fermé, pas très engageant, on passe. Troisième tentative : une belle maison agréable et soignée, la propriétaire nous aborde avec un grand sourire : « c’est marrant, vous n’êtes pas les premiers cyclistes à vous arrêter chez nous ! Sans doute quand ils voient notre caravane ! Venez donc, on a du terrain pour mettre la tente, avec un robinet d’eau. Et je vous indiquerai les toilettes et la douche ! »

Plus tard, avec son mari Simon, ils viennent nous voir avec une bière et un verre de vin ! Marion leur proposera des pancakes ! Ils ont une exploitation de 240 vaches laitières. Le lait va à la coopérative locale et est essentiellement exporté ensuite vers la Chine.

Ils nous invitent gentiment au petit déjeuner, et Carol nous raconte plein de tranches de vie neo zélandaises, ponctuées d’un grand rire communicatif. Quel accueil ! Notre départ prévu matinal ne se fera qu’à… midi ! Direction la zone géothermique de Waiotapu.

Un peu avant d’arriver, nous passons un pont et voyons des gens se prélasser dans la rivière fumante et sulfurée. Stop ! Ni une ni deux, on gare les vélos, on se déshabille et à l’eau ! Quel régal ! Les muscles se délassent, on essuie même une petite pluie sans s’en inquiéter puisqu’on trempe dans une eau à 38-40 degrés, le cadre est top : un vrai spot naturel, pas d’aménagement à outrance avec guichet d’entrée (eh oui, beaucoup de sites naturels sont payants), et la rivière quasiment pour nous tous seuls !

Quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons au site (payant cette fois…), mais on s’en met pleins les yeux et les narines. Nous sommes à la jonction des plaques Pacifique et Inde-Australie, là où les entrailles et les forces de la terre remontent à la surface et se manifestent. Cratères fumants et odorants, boues bouillonnantes et glougloutantes, lacs et roches dans des dégradés de couleurs vives ou pastel… Silice, soufre, arsenic… Et comme on a traîné, on arrive avec peu de monde sur le site et une belle lumière de fin de journée, comblés ! Quelle journée ! Un superbe cours de géographie en live !

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On posera la tente un peu plus loin, avant de continuer le lendemain sur la ville de Rotorua.

Au prochain épisode : Rotorua et son geyser, balade à VTT dans les environs, et la route pour Auckland en passant par la péninsule de Coromandel, fin du séjour NZ et fin du vélo…