Au menu de ces derniers jours : la transition altiplano – route de montagne avec paysage de far west ; rencontre avec la faune andine ; bivouacs et vent, puis orage à 4000m ; « sauvetage » en camion-benne ; superbe arrivée sur Tupiza, dans la gadoue et un paysage de canyon aux roches colorées.

Elio raconte :

2017-12-01 – Uyuni

Maman est venue me réveiller en me disant que le petit déjeuner était prêt. Je suis donc venu après un peu de temps car il ne faut pas me demander d’être réactif de bon matin. C’était un superbe petit déjeuner avec des céréales de différents types, salade de fruits et tartine beurre confiture. On a pris notre temps et avant de partir on a pris une photo avec Fabio, le cycliste italien qu’on avait rencontré à l’auberge. Je l’ai trouvé très gentil et il nous a même proposé de le rejoindre en Italie mais en vélo bien sûr.

On est partis sur une route toute neuve, mais avec très peu de villages, puis on s’est arrêté à midi manger derrière un gros caillou. On s’est fait un superbe sandwich et en dessert le reste de salade de fruits. Lorsqu’on est reparti, le vent s’était levé et on l’avait de DOS ce qui était très rare. On a fait 50 kilomètres au total puis on s’est arrêté dormir parmi des vigognes (animal plus fin et avec le poil plus court que celui du lama, ressemble à une gazelle). Il y avait beaucoup de vent qui faisait entrer du sable fin dans la tente.

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Les vigognes, nos compagnes des sables.
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Lever de lune sur notre bivouac de sable et de vent… et de fraicheur nocturne ; nous aurons des petits glaçons dans nos gourdes au petit matin !

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2017-12-02

Je me suis réveillé à cause de la chaleur et de la lumière dans la tente. On a rangé un peu la tente puis on est sorti manger. Quand il a fallu allumer le réchaud à essence pour la tisane/café, il ne marchait plus, sûrement à cause de l’essence dans un bouteille plastique que nous avait donné un monsieur auparavant. On a donc fait la tisane avec le réchaud à gaz. Lorsqu’on avait tous fini de plier le camping, on est parti vers les montagnes avec un vent de dos. On est arrivé dans un village pour le repas de midi où on a mangé les restes de baguettes et légumes d’hier. Le village était calme et des enfants jouaient seuls avec une espèce de poussette en forme de voiture, je trouvais ces villages assez étranges car la moitié des maisons étaient en ruine ou avec la porte barricadée.

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On est reparti et au bout de quelques kilomètres, j’ai aperçu un panneau indiquant “attention autruche”. 50 mètres plus loin j’entends derrière moi papa crier “autruche !!”. En effet, un troupeau d’autruches se trouvait à plusieurs centaines de mètres à notre droite. On est tous descendu du vélo et on s’est approché tout doucement du troupeau. Quand on était à 200 mètres du troupeau, elles se sont toutes enfuies en courant (elles courent très vite). Il y avait aussi des ânes (sauvages?), des lamas et des vigognes. Ils profitaient d’une belle herbe verte et d’un point d’eau pour boire.

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Ralentir, traversée de rheas (autruche locale) !

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La faune de l’altiplano bolivien dans sa splendeur. En arrière plan, la mine d’argent, accrochée à flanc de montagne.

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On a continué à rouler en passant entre des montagnes rouges, grises, blanches qui faisaient des bosses un peu de partout. Je trouvais ça vraiment beau et ça faisait du bien d’être en montagne après des jours de désert. Avec quelques montées assez raides et des descentes de l’autre côté, on est arrivé à la petite ville, Atiocha. On a rencontré un jeune Bolivien très sympa ; il voyage souvent en stop avec sa femme et sa petite fille ; comme il dit, en Bolivie il n’y a pas la mer, alors ils vont au Pérou, au Chili. Il nous a posé des questions et proposé de venir dans son magasin pour se connecter au Wifi ! Ensuite on est rentré à l’auberge, on a pris une douche et on est allé se coucher.

2017-12-03 – Atiocha

On a pris du temps à se décider si on partait aujourd’hui ou demain car Nils était un peu malade. Au bout d’un moment, il a commencé à rigoler et chahuter un peu avec Mia et il nous disait qu’il allait mieux. On est donc partis avec objectif de faire seulement 40 kilomètres car ça grimpait. Effectivement, la partie avant le repas de midi a été difficile, on retrouvait les montées raides de l’Equateur et tout le début était de la piste. Quand on avait rejoint le goudron, ça ne faisait que monter et descendre jusqu’à ce qu’on s’arrête manger.

On est ensuite reparti sur un terrain qui montait plus régulier. On faisait régulièrement des pauses car on était fatigués (surtout Siloé). Quand j’ai aperçu l’arrivée de la montée, j’ai commencé à accélérer puis maman m’a criée: STOP !!! Quand elle est parvenue à mon niveau, elle m’a expliquée que Siloé était trop fatiguée et qu’elle ne pouvait plus continuer à vélo. Siloé est donc montée à pied et maman est descendue prendre le vélo de Siloé. Juste en haut de la montée, on a trouvé un terrain de campement où on s’est installé. On s’est tous couchés tôt pour avoir des forces pour le lendemain où on devait rattraper les kilomètres d’aujourd’hui (on devrait donc en faire 87 avec du plat, de la montée et de la descente).

On était à 4000 m d’altitude, avec la pleine lune qui éclairait la pampa. Au loin, on voyait les lumières d’une mine d’argent, comme une petite ville accrochée à flanc de montagne à plus de 4000m, qui emploie plus de 1000 personnes !

Quelques photos de montagne, paysage de western :

2017-12-04 – Tupiza

On est parti tôt du campement, je ne me sentais pas très bien et il y avait beaucoup de vent. De plus, derrière nous se trouvait un gros nuage tout noir d’où on entendait le tonnerre.

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Départ au petit matin, sous un vent à décorner les lamas 😉

Ce n’était pas très rassurant surtout qu’on devait faire 87 kilomètres dans la journée, qu’on n’avait pas assez d’eau pour une autre nuit et qu’il n’y avait pas de village pour trouver de l’eau avant la ville (à 87km). En plus on était à 4000m d’altitude, il fallait avancer pour trouver de meilleures conditions et des villages.

Au bout d’une petite demi heure de pédalage, on s’est arrêtés et Nils s’est mis à pleurer parce qu’il en avait marre de pédaler dans ce vent. Quand il s’est calmé, on est reparti et il s’est mis à pleuvoir. Un peu plus tard, il s’est mis à pleuvoir de plus en plus fort alors on s’est arrêté et on s’est abrité dans un conduit d’eau qui passait sous la route : on y était abrité de la pluie.

Papa, maman et moi, on attendait dehors pour arrêter un bus ou un camion. Plein d’espoir, on entendait un bruit de moteur. Il s’approchait, puis on vit apparaître un bus ! On lui a fait signe de s’arrêter mais il a continué. Quelques minutes plus tard, un camion-benne est arrivé et figurez vous qu’il s’est arrêté même en voyant notre bric-à-brac. On a tout chargé et on est parti.

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6 nomades en camion benne, on aura tout vu !

Je les trouvais très gentils car il nous avait aidé à tout charger et il nous avait demandé un prix correct. Ils nous ont posé à 30 km de la ville: Tupiza. On a mangé le repas de midi dans le village où ils nous avaient déposé puis on est repartis. On descendait dans le lit de la rivière asséchée (car la route de Tupiza est toujours en travaux) mais il pleuvait encore donc le terrain était tout gadoue… On traversait de temps en temps de petites rivières qui coupaient la route. J’aimais beaucoup le paysage mais il pourrait être beaucoup plus apprécié avec du beau temps.

C’était des falaises de sable rouge mélangé avec des graviers pour faire tenir le tout. Ça me faisait penser à un paysage de far west ! On aurait pu s’imaginer voir des indiens nous surveiller du haut des falaises !

Au bout d’une heure et demi de galère (surtout pour maman avec un vélo de route et un follow-me) on est arrivé à la ville. Les vélos étaient crépis de boue !

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Marion en pleine action dans les passages de gués !
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Mia fait la sieste dans la carriole, au sec.
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On est trempés et sales, mais ce n’est pas grave, on est tirés d’affaire et le paysage est dantesque !

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On était tout contents de retrouver des arbres ! Cela faisait longtemps qu’on n’en avait pas vu. On a trouvé l’auberge qu’il nous fallait du premier coup, ce qui était une première. On est ensuite parti manger dans un restaurant italien qui nous a un peu déçus. Pour finir la journée, on est rentré épuisés pour se coucher.

On va reprendre des forces, laver les vélos (du sable et de la boue, après le sel du salar!) et les gamelles (pleines de sable, à cause du vent des derniers jours), réparer la tente (un zip ne fonctionne plus), et reprendre la route de l’Argentine; à 100 km de là.