27/11 Par Siloé

Nous quittons Salinas avec 4km de piste un peu merdique, sablonneuse… Ensuite nous contournons des montagnes et un volcan magnifique.

Pour éviter la piste incertaine (sable, cailloux, montées), nous avons rajouté des kilomètres et sommes passés par le salar, dont nous sommes sûrs qu’il est plat !

Mais par endroits le sel était humide donc nous nous enfoncions ; il y avait aussi du vent. Mais pour compenser la « route » était magnifique.

Nous avons campé près d’un village, Jirira, au pied du volcan Tupuna (5400m), un superbe bivouac !

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Départ de Salinas

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Volcan Tunupa, côté nord ; le salar est de l’autre côté
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Notre bivouac, entre volcan et salar, à 1km de Jirira

Le lendemain, la piste sur le salar était meilleure et nous avons fait 47km jusqu’à l’île Inka Wasi. Un peu monotone des fois, mais quand même très joli !

Nous arrivons sur l’île, c’est magnifique. Il y a plein de cactus, et don Alfredo, celui qui « tient » l’île accueille les voyageurs non motorisés. Nous logeons dans une pièce (« El Refugio ») avec un autre cycliste autrichien. Nous passons une soirée sympathique en profitant d’un magnifique coucher de soleil.

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Par Eric

Pour arriver au salar, nous alternons du hors piste, de la croûte de sel, du sel humide… Les vélos sont crépis ! Nos pieds blanchis de sel… Mais au moins nous avançons sans trop souffrir, et nous installons la tente pour un beau bivouac, sur une belle pelouse, entre le salar et le hameau de Jirira.

C’est curieux comme nous parlons de cette progression sur le salar en termes nautiques : on évoque une plage, un cap, une île… et on y accède en vélo !

Le lendemain, grand plat blanc de sel, direction l’île d’inca Huasi, qui apparaît comme un petit point noir à l’horizon, et qui grossit au fur et à mesure des kilomètres avalés.

Cette île est un enchantement ! Tous les touristes la quittent en fin d’après midi, nous sommes seuls pour profiter pleinement du coucher de soleil sur le salar et les montagnes chiliennes, au milieu d’une forêt (clairsemée) de cactus candélabres millénaires ! Le soir, nous faisons un tour de l’île (Nils l’a fait trois fois ! Il n’a sans doute pas assez pédalé!), cette île corail d’origine volcanique abrite de nombreux cactus, une arche naturelle, et un magnifique point de vue pour admirer le salar et le coucher de soleil.

Saul, le fils de don Alfredo, premier habitant de l’île depuis 1994, nous raconte qu’en février à la période des pluies, ces cactus se gorgent d’eau. Il est d’ailleurs en train de tailler un cactus séché (il faut 2 ans pour qu’il soit sec), pour en faire un siège !

Ses enfants vont à l’école, en internat, sur la « terre ferme », à 25 km de là. Ils rentrent tous les week ends.

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2017-11-28 Ile de Inca Huasi – Uyuni

J’appréhendais cette longue étape, 75km de désert de sel pour rejoindre la terre ferme, sur une piste de sel incertaine…

Finalement, nous parcourrons 100 km, d’une traite jusque Uyuni! Les enfants nous bluffent ! La piste était dans un état correct, avec un léger vent favorable (pour une fois!), c’était même grisant ! Je propose à Elio de nous mettre de la musique (sur son téléphone, et amplifiée sur son mini ampli de voyage !), ça donne la pêche comme dit Nils. On roule de front, à 20km/h ou plus. Ça ne nous est jamais arrivé !

Mia n’est pas d’humeur à pédaler aujourd’hui, elle se repose, lit, joue aux legos dans la carriole.

Derrière nous, l’île d’inca Huasi rapetisse puis disparaît, autour de nous l’horizon est blanc de sel, face à nous la « côte » se rapproche.

Vers 13h nous nous arrêtons manger ; la scène est surréaliste : Marion avait préparé, avec l’aide d’Elio, son assistant cuisinier, des lentilles et de la quinoa, et des pancakes ! Nous voilà assis en plein milieu du désert de sel, en train de manger une superbe salade (agrémentée par persil, tomates, carottes qu’il nous restait de Salinas), et en dessert pancake au Nutella (un gros pot acheté à La Paz en prévision de moments de désert difficiles !). C’est bien connu, avec un ventre bien rempli (en quantité et en qualité), tout est plus facile ensuite !

Promis, je ne ferai plus de commentaires à Marion sur la nourriture, je lui reproche souvent de trop acheter, obsédé que je suis par le poids de notre chargement ! Nous sommes à peine perturbés par 3 jeeps qui passe à proximité et nous poursuivons notre chemin de sel.

J’ai souvent le sentiment d’être à la maison, en patin de randonnée sur notre lac gelé de Långsjö, avec vent portant ! Ici également, des trous dans la croûte de sel laissent apparaître l’eau du lac (une eau limpide et chargée de minéraux divers que la Bolivie exploite comme une source de richesse pour le pays ; ce salar est immensément riche en lithium par exemple -moitié de la réserve mondiale estimée !-, utile pour les batteries des nos téléphones ou voitures électriques). Nous sommes sur une croûte de 2 à 120 mètres d’épaisseur ! La piste est irrégulière, mais sur le trajet d’Uyuni,  elle est lissée par les passages des nombreux 4×4 de touristes. Ce salar un ancien lac asséché il y a environ 14000 ans, est le plus grand désert de sel du monde. La Bolivie exploite le sel, bien sûr.

Cette longue étape, en musique, se passe finalement à merveille. Avant la sortie du salar, les grands proposent même qu’on enchaine directement jusque Uyuni, 20km de plus, où on se reposera deux nuits, on lavera les vélos du sel et sable accumulés ces derniers jours.

En chemin, on rencontre un jeune bolivien, on lui prête notre pompe pour regonfler son pneu arrière et on fait un bout de chemin ensemble. Il nous apprend que la route de Tupiza est goudronnée depuis peu (bon pour nous !) ; il nous parle du Dakar, le rallye auto-moto passe par ici en janvier, c’est l’événement majeur dans la région.

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La caravane passe

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Le Lego en position de force face à Nils
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Afrente no más !

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Oh le gourmand !
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Equilibriste sur le ballon voyageur !
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Salade de lentille – quinoa dans le désert de sel

A présent, en route vers Tupiza et la frontière argentine, à 300 km de là. A bientôt !